Date de création de la page : Mars 2020

La grande richesse et l’originalité des paysages du Parc naturel régional de Lorraine résultent en grande partie de leur formation géologique qui a donné naissance aux reliefs de côtes, orientés Nord Sud se succédant d’Est en Ouest. Ils comptent parmi les paysages les plus exceptionnels de la Lorraine.

Présentation des paysages du Parc et des unités paysagères

Composées d’un plateau, d’un talus et d’une dépression, les Côtes de Meuse et de Toul, les Côtes de Moselle et de la Côte de Bride et Koeking s’associent aux grandes plaines humides de la Woëvre et du Pays de Etangs pour dessiner une mosaïque paysagère à l’origine de la grande diversité d’ambiances et de milieux naturels qui caractérisent le territoire du Parc.

Source : Parc naturel régional de Lorraine 2019 ; ©IGN BD TOPO® 2019

La couche des unités paysagères est disponible dans le catalogue GéoGrandEst ici.

Les grandes vallées alluviales de la Meuse et de la Moselle qui encadrent sur ses franges orientales et occidentales la zone ouest du Parc s’ajoutent à cette richesse paysagère.

Par ailleurs, nous pouvons observer sur la carte des « joyaux de la biodiversité et du paysage« . Ceux-ci rassemblent les sites présentant une richesse patrimoniale naturelle, culturelle et paysagère reconnue par des dispositifs de « labellisation » ou de « classement » de niveau national voire international.

Nous pouvons également trouver des villages patrimoniaux, qui présentent, outre la richesse et la diversité du patrimoine vernaculaire, une organisation urbaine et paysagère ainsi qu’une qualité architecturale cohérence qui caractérisent une époque ou des événements historiques.

D’Est en Ouest, on compte sur le Parc, 8 unités et 4 sous-unités paysagères :

La vallée de la Meuse

C’est l’une des grandes vallées alluviales d’Europe, la moins urbanisée et dont le fleuve est qualifié en Lorraine de fleuve sauvage. En effet,  dans sa partie meusienne, son cours est libre et méandreux. Ses débordements sont réguliers et restent à l’origine du maintien d’un cordon de prairies parsemées de haies, bosquets, ripisylves…

Vallée de la Meuse

Positionnés au  pied des versants de la vallée, parfois à la confluence de la Meuse et de ses affluents, les villages se sont installés et ont tiré parti de la présence de l’eau (canaux, lavoirs, fontaines…) en évitant toutefois les zones de crues subites ou d’inondations régulières.

Les activités économiques dans la Vallée de la Meuse sont directement liées à l’exploitation des ressources naturelles du sol et du sous-sol.

Les Côtes de Meuse et de Toul

Les Côtes de Meuse et de Toul forment une barrière topographique d’une centaine de mètres de hauteur. Elles comprennent trois sous-unités paysagères : le plateau, nommé aussi les Hauts de Meuse, les vallons formés par les affluents de la Meuse qui ont entaillé le plateau, et le talus composé du front et du pied de côte.

Vignoble du toulois à Lucey (Source : Xavier Rochel)

Le plateau des Hauts de Meuse est couvert principalement de forêts qui forment un massif presque continu du Nord au Sud.

Une succession de petits vallons orientés Est-Ouest découpent le plateau des Hauts de Meuse tous les 7 à 8 km. Ils accueillent les affluents de la Meuse qui longent les prairies situées dans les parties les plus basses tandis que les cultures s’implantent sur les versants. Les villages se sont implantés à proximité des sources, parfois de part et d’autre des cours d’eau mais toujours en limite des zones de crues.

Saint-Rémy-la-Calonne (55) – Côtes de Meuse et de Toul – Xavier Rochel

Le front de côte est formé d’un talus qui apparaît très souvent comme un relief boisé à son sommet. Sur la pente, entre la forêt et la plaine, s’étendent vignes, vergers, pâtures ou friches, et très ponctuellement quelques pelouses calcaires. Les cultures sont quant à elles plutôt présentes en pied de côte.

Commune de Buxières-sous-les-Côtes – Côtes de Meuse et de Toul

Les villages « sous-les-Côtes » sont d’anciens villages vignerons, dont l’implantation est fortement liée à la présence des sources situées à mi-pente. Seul le village d’Hattonchâtel est perché sur une avancée de côte et ce pour des raisons défensives.

La Plaine de la Woëvre

Située au pied des Côtes de Meuse, la Plaine de la Woëvre est essentiellement parcourue par les affluents de la rive gauche de la Moselle. A dominante argilo-calcaire, cette plaine humide mollement vallonnée a été progressivement déboisée et drainée par la création des étangs aménagés depuis le Moyen âge.

La Woëvre vue de la butte de Monsec

Les villages sont groupés, entourés de vergers, et se trouvent au cœur du territoire communal qui comprend en proportion presque équivalente, de la forêt, des cultures et des prairies. La densité des haies est l’une des plus importantes du territoire. Les structures arborées composées de haies, d’arbres isolés dont le saule têtard et d’alignements de fruitiers sont particulièrement présentes dans les prairies et le long des cours d’eau qui sillonnent la plaine.

Le Plateau de Haye ou Plateau des Côtes de Moselle et ses sous-unités: les vallées encaissées du Rupt-de-Mad, de l’Esch, de la Gorzia

Le Plateau de Haye ou Plateau des Côtes de Moselle forme un ensemble tabulaire découpé par les affluents de la Moselle dont les principaux sont la Gorzia, le Rupt-de-Mad et l’Esch. Extrêmement liées à la présence du plateau mais s’en différenciant par des caractéristiques physiques et historiques qui leur sont propres, ils constituent les sous-unités paysagères du plateau.

Vue aérienne de Flirey (Source : CERPA)
Vue aérienne de Flirey (Source : CERPA)

Le plateau donne l’impression d’une immensité relativement plane où la moindre verticalité crée une rupture dans le paysage : quelques alignements d’arbres le long des routes, des bosquets et des lisières forestières qui encadrent les grandes plaines céréalières.

Les vallées formées par les affluents de la Moselle présentent un relief escarpé. Elles permettent le franchissement de la Côte de Moselle d’Ouest en Est. Les réseaux de circulation y sont particulièrement denses. Les implantations des villages y sont très anciennes. Un cordon de prairies et bandes enherbées subsiste le long des cours d’eau marqués par leur ripisylve, insérés entre le bâti, les cultures et les voies de communication.

La vallée du Rupt de Mad

La Vallée de la Moselle

La Vallée de la Moselle est bordée sur sa rive gauche par le front de la Côte de Moselle dont le haut du versant est en général escarpé. C’est l’unité paysagère qui est la plus anthropisée du territoire.

Pagny-sur-Moselle (Source : Xavier Rochel)
Pagny-sur-Moselle (Source : Xavier Rochel)

La part des milieux forestiers est importante mais largement composée de friches, bandes boisées, bosquets et haies. Les milieux aquatiques sont particulièrement bien présents avec notamment de nombreux petits étangs liés à d’anciennes exploitations de gravières. Les cultures sont presque inexistantes et très fragmentées.

Vallée de la Moselle (source : Xavier Rochel)
Vallée de la Moselle (source : Xavier Rochel)

Les noyaux denses des anciens villages de côte sont étendus et témoignent des différentes vagues de construction du XXème siècle. Les industries et les carrières ont fortement modifié la structure initiale du paysage ainsi que les milieux inféodés à la Moselle. La forte densité des infrastructures dans le fond de vallée déplace les extensions de village vers les versants tandis que la conurbation le long de la RD 952 se poursuit.

La Côte de Bride et de Koeking

La Côte de Bride et Koeking compte parmi la série de côtes qui découpent l’Est du Bassin parisien. Peu élevé, ce relief reste néanmoins significatif dans le paysage puisqu’il constitue l’horizon du Pays des étangs et de la Vallée de la Seille. Le plateau de la Côte est à peu près totalement couvert de forêts tandis que ses versants sont agricoles. La côte est découpée par la Petite Seille, l’un des affluents de la Seille.

Saint Médard (57) – Côte de Bride et Koeking

La Vallée de la Seille

La Vallée de la Seille est bordée au Nord par la Côte de Bride et Koeking et au Sud, par une légère ligne de crête qui la distingue du Pays des étangs. La particularité de cette vallée est de renfermer dans son sous-sol une importante couche de sel peu profonde à l’origine de la présence de prés-salés abritant une végétation halophile originale en milieu continental.

Vallée de la Seille à Marsal (57) – Xavier Rochel

Le Pays des étangs

Située à l’extrémité orientale du territoire du Parc, l’unité paysagère du Pays des étangs est caractérisée par de grandes étendues marneuses formant un ensemble plat et assez homogène accueillant de nombreux étangs aux creux des principales dépressions. L’étang de Lindre créé au Moyen Age a gardé toute sa richesse naturelle et il constitue avec ses étangs satellites une zone humide d’intérêt international.

Etang de Lindre (57) – Pays de Etangs (Xavier Rochel)

Le paysage est parcouru par un réseau hydrographique très ramifié. L’alternance des terres labourées, des prairies encore bien représentées et des massifs boisées met en valeur les ondulations du relief. Le réseau des haies est dense et sa répartition favorise les continuités écologiques.

Les villages, en général de petite taille, maillent régulièrement le territoire et s’installent sur les terres les plus sèches au cœur de clairières agricoles entourées de grandes forêts. Les vergers familiaux et quelques prairies les ceinturent.

La révolution industrielle du XIXème siècle a entraîné les créations du canal de la Marne au Rhin et du canal des Houillères de la Sarre. Les grands étangs, de Réchicourt-le-Château, de Gondexange, du Stock et de Mittersheim en sont les réservoirs. Aujourd’hui ils accueillent des activités de loisirs.