Depuis les hauteurs de Frémeréville-sous-les-Côtes, sur les Hauts de Meuse, s’ouvrait autrefois un vaste point de vue sur la plaine de la Woëvre et la butte du Montsec.
Aujourd’hui, la progression forestière a partiellement refermé ce balcon naturel, mais plusieurs points du sentier permettent encore d’apprécier l’ampleur du paysage.
La fin de l’automne et l’hiver sont les saisons les plus favorables pour parcourir ce circuit dans les bois du Fayen, au-dessus du village de Frémeréville-sous-les-Côtes. La végétation moins dense permet de mieux profiter des vues sur la plaine de la Woëvre.
Il est toutefois recommandé de s’y rendre par temps sec : le cheminement, en bordure de cultures, peut être légèrement irrégulier et devenir boueux.
Les randonneurs souhaitant prolonger la découverte à travers plusieurs villages « sous-les-côtes » peuvent emprunter le sentier des « Quatre Villages », téléchargeable gratuitement via l’application Ma Rando.
La boucle balisée, aménagée dans le cadre d’un chantier participatif, propose trois haltes thématiques :
En 1876, un observatoire militaire est construit sur les hauteurs de Frémeréville-sous-les-Côtes. Il s’intègre au dispositif défensif de Séré de Rivières, mis en place après la guerre de 1870.
Depuis ce point élevé, les militaires surveillaient les positions allemandes situées sur la côte d’Apremont, en coordination avec les forts de Liouville, Gironville et Jouy-sous-les-Côtes.
Le fort de Gironville (1875), le plus proche, contrôlait la plaine de la Woëvre et les passages entaillant les Hauts de Meuse vers Commercy et Pont-à-Mousson. Le fort de Liouville, le plus puissant du secteur, devait empêcher toute percée vers la vallée de la Meuse, notamment au niveau de Marbotte et Saint-Julien.
En septembre 1914, le fort de Liouville subit de violents bombardements mais résista, entravant significativement les mouvements ennemis. Sa tourelle de 75 m tira plus de 1 000 obus le 24 septembre 1914 sur le secteur d’Apremont.
L’observatoire de Frémeréville (cf. photo ci-contre, crédit PnrL) fut également visé à plusieurs reprises. Les obus, souvent trop courts, frappèrent le village situé en contrebas.
Pendant la guerre, Frémeréville perdit près des deux tiers de sa population, passant de 169 à 58 habitants
Le sentier traverse l’emprise d’une ancienne carrière communale. Au XIXᵉ siècle, presque tous les villages des Côtes de Meuse exploitaient une carrière locale. La pierre servait à la construction des habitations, des ouvrages et des routes. Celle de Frémeréville approvisionnait principalement le village et les communes voisines.
Les sols peu profonds, secs et bien exposés qui se sont développés sur ces terrains calcaires constituent un habitat favorable aux pelouses calcaires, milieu naturel rare et précieux en Lorraine. Leur richesse biologique est directement liée à la nature basique du sol issu du calcaire.
Après l’abandon de la carrière, la végétation a progressivement recolonisé le site. Des plantations de conifères ont également été réalisées après les deux guerres. Cependant, la fermeture excessive du milieu entraîne une diminution des espèces spécialisées des pelouses calcaires.
Le Parc naturel régional de Lorraine, en partenariat avec la commune et l’Office national des forêts (ONF), mène des actions de restauration :
Parmi les espèces présentes figurent notamment :
En 1889, à l’occasion du centenaire de la Révolution française, les instituteurs furent invités à rédiger une monographie de leur commune. Celle de Frémeréville, rédigée par l’instituteur MERCIER, décrit un village largement tourné vers la vigne et l’arboriculture.
Le plan communal de l’époque montre l’importance des vignobles sur les coteaux bien exposés, la présence de vergers autour des habitations et l’absence de forêt sur le plateau du Fayen, alors cultivé. Le panorama était donc entièrement dégagé.
Extrait de la Monographie de MERCIER « La commune de Frémeréville ne possède pas de curiosité naturelle proprement dite ; cependant on jouit d’un spectacle grandiose quand du sommet de la côte et lorsque le ciel de la Woëvre est serein, on assiste au lever ou au coucher du soleil : la vue embrasse alors une immense plaine parsemée de forêts, d’étangs, de nombreux villages qui à la fois absorbent et reflètent les innombrables rayons qui les éclairent et les embrassent. »
Les maisons, construites en pierre de taille et en moellons, étaient couvertes de tuiles fabriquées à partir d’argiles extraites dans la plaine de la Woëvre. Le village conserve aujourd’hui sa structure de village-rue, avec un alignement irrégulier de façades.
La monographie mentionne également l’importance des cerisiers et des noyers. La production de kirsch était notable, tandis que la place des pommiers, poiriers et pruniers était plus modeste dans les vergers.
Depuis deux ans, la commune organise la fête de l’alambic, en partenariat avec des associations et des bouilleurs de cru. Concours de dégustation de mirabelle de Lorraine et démonstrations de distillation y valorisent ce patrimoine vivant.
Le blason communal, adopté en 2014, rappelle cette tradition de distillation ainsi que l’histoire locale. Il comprend :
Les armoiries ont été composées et dessinées par Robert André, Louis et Dominique Lacorde, avec les conseils de la Commission héraldique de l’Union des Cercles Généalogiques Lorrains.
Parc Naturel Régional de Lorraine
1 rue du Quai
CS 80 035
54 702 Pont-à-Mousson Cedex