Le printemps est une saison particulièrement agréable pour découvrir le belvédère des Rochers de la Fraze, situé à 130 mètres au-dessus des rives de la Moselle. L’accès se fait par une marche douce à travers la forêt du Val de Metz, entre jeunes pousses, lumière tamisée du sous-bois et odeur d’humus.
Les visiteurs souhaitant prolonger la découverte peuvent emprunter les nombreux sentiers qui sillonnent le massif forestier. La Communauté de communes Mad & Moselle propose notamment une balade entre villages, vignes et forêt : le circuit d’Ancy-Dornot.
Depuis ce balcon naturel aménagé au sommet d’une impressionnante falaise calcaire longue de près de 200 mètres et haute d’une vingtaine de mètres, le regard embrasse la rivière, les villages, les forêts et les reliefs environnants.
Ici, plusieurs regards se croisent pour raconter le lieu autrement. Vincent, Stéphanie, Jean-François, Christian et Léo partagent leurs récits, leurs souvenirs et leur manière d’habiter ou d’appréhender ce territoire. Leurs podcasts, disponibles en téléchargement sur cette page, prolongent la découverte au fil des voix et des ambiances du site.
Laure vous accompagne depuis la Croix Saint-Clément jusqu’au belvédère des Rochers de la Fraze. Au fil du chemin, elle dévoile les particularités du site et invite à porter un regard attentif sur les paysages traversés.
Vincent raconte l’histoire de la formation des reliefs de cuesta qui façonnent la vallée de la Moselle. Il revient également sur les découvertes archéologiques majeures réalisées sur le site, témoins de la présence des premiers groupes humains dans le secteur de Novéant-sur-Moselle.
« L’archéologie permet de reconstituer l’évolution des milieux et l’impact de l’homme sur son environnement. Elle éclaire les interactions entre les sociétés et leur cadre de vie, ainsi que l’histoire des peuples qui nous ont précédés. »
Stéphanie, enfant du pays, retrace l’histoire de l’occupation humaine des Côtes de Moselle : des premiers agriculteurs du Néolithique à la sédentarisation de l’âge du Bronze, en passant par la période gallo-romaine. Elle explique comment les sociétés ont progressivement façonné les paysages et les usages du territoire.
« Pour bien gérer un espace il faut bien le connaitre ».
Jean-François, habitant de Novéant-sur-Moselle, évoque les transformations plus récentes du paysage. Il raconte la traversée de la Moselle, l’histoire du pont suspendu dit « pont de fil de fer », l’occupation allemande, le développement industriel autour des hauts-fourneaux à partir du XIXe siècle, l’exploitation des carrières de sable, l’arrivée du chemin de fer entre Metz et Nancy, ainsi que les passages d’évadés durant les conflits.
« Le paysage continuera d’évoluer et l’homme de s’adapter »
Le nouveau pont suspendu de Novéant-sur-Moselle et l’écluse au début du XXᵉ siècle, témoins des aménagements qui ont accompagné le développement des échanges dans la vallée.
Christian, forestier à l’Office national des forêts, présente l’histoire et les enjeux actuels de la forêt de la Fraze.
Ressource économique, refuge pour la biodiversité, puits de carbone et espace d’accueil du public, la forêt remplit aujourd’hui de nombreuses fonctions. Il évoque notamment les grandes campagnes de reboisement des années 1970 avec le pin noir d’Autriche, le pin sylvestre, le mélèze ou encore l’épicéa, ainsi que les défis posés par le changement climatique.
La question de l’équilibre entre la forêt et la faune sauvage est également abordée
« Les arbres que nous faisons pousser aujourd’hui seront la grande forêt de demain ».
L’évolution du paysage sur les hauteurs de Novéant-sur-Moselle se voit sur cette comparaison entre une photographie ancienne du XXᵉ siècle montrant un coteau largement ouvert, et une photographie actuelle où le développement de la forêt a progressivement refermé le paysage.
Léo, chargé de mission au Parc naturel régional de Lorraine, présente la richesse écologique des Rochers de la Fraze et des milieux naturels qui les entourent.
Les pelouses sèches calcaires accueillent une flore spécialisée, dont plusieurs espèces d’orchidées sauvages. La faune est tout aussi remarquable : vipère aspic, faucon pèlerin, pic noir, chouette et hibou fréquentent ces espaces.
Le site constitue également un maillon important d’un réseau écologique plus vaste reliant forêts, vergers, haies, bosquets et coteaux. Plusieurs espèces de chauves-souris, dont le Grand Rhinolophe et le Petit Rhinolophe, y trouvent des conditions favorables.
Léo rappelle enfin que cette biodiversité demeure fragile face à la fréquentation humaine, au dérangement des espèces et à la disparition progressive de certains habitats naturels.
« Nous avons encore la chance de vivre ici dans un territoire où la biodiversité est toujours présente. »
Parc Naturel Régional de Lorraine
1 rue du Quai
CS 80 035
54 702 Pont-à-Mousson Cedex