Le belvédère de Vandelainville

Un site propice à la contemplation

Plusieurs bancs invitent à la pause dans cette clairière aménagée au cœur de l’ancienne carrière de Vandelainville. Le site offre de larges ouvertures sur les paysages de la vallée du Rupt-de-Mad, aux pentes douces, alternant champs cultivés, prairies et massifs forestiers. En face, se distinguent la gare d’Onville et un chemin blanc menant les marcheurs vers Villecey-sur-Mad.

Un site propice à la contemplation de la vallée du Rupt-de-Mad. Crédit : PnrL

Conseil rando :

La meilleure période pour profiter de ce point de vue est l’hiver, lorsque le feuillage est dégagé. Il est toutefois conseillé de privilégier les périodes sèches, car le chemin forestier peut devenir boueux. Les amateurs d’histoire pourront également profiter du sentier intercommunal des « Aîtres fortifiés » pour faire un petit détour jusqu’au belvédère de Vandelainville.

Ce paysage inspira la peintre Adrienne Jouclard au début du XXᵉ siècle. Née à Onville, l’artiste a su saisir la vie rurale et les paysages de sa vallée natale. Dans sa scène de vendanges, le regard chemine de village en village : Onville à gauche, Villecey-sur-Mad à droite, puis Vandelainville et Bayonville, avant que la vallée ne s’étire vers Arnaville.

« Vendanges à Onville », Adrienne Jouclard (1882-1972)
« Vendanges à Onville », Adrienne Jouclard (1882-1972)

Une vallée façonnée par la géologie et l’eau

Vue aérienne panoramique de la Vallée du Rupt-de-Mad, avec le village de Vandelainville au centre. Crédit : M. Pellerin- prise de vue par drone.

La vallée du Rupt-de-Mad entaille le plateau de Haye, ensemble tabulaire calcaire compris entre les Côtes de Moselle et la plaine de la Woëvre. L’ancienne carrière de Vandelainville, exploitée du XVIIIᵉ au XIXᵉ siècle, tirait parti des couches de calcaire du Bajocien affleurant sur ce plateau.

Aujourd’hui, la nature a reconquis le site : dissimulée dans un écrin forestier. Crédit : PnrL
Aujourd’hui, la nature a reconquis le site : dissimulée dans un écrin forestier. Crédit : PnrL
Aujourd’hui, la nature a reconquis le site : dissimulée dans un écrin forestier. Crédit : PnrL
L’ancienne carrière se mérite au terme d’une montée en sous-bois. Crédit : PnrL
L’ancienne carrière se mérite au terme d’une montée en sous-bois. Crédit : PnrL

Le Rupt-de-Mad, ruisseau long d’une cinquantaine de kilomètres, prend sa source dans les Côtes de Meuse. Avant de rejoindre la Moselle, il reçoit notamment les eaux de la Madine, du Soiron et du ruisseau de Grandfontaine. Tantôt gonflé par les crues hivernales, tantôt fragilisé par les étiages estivaux, il façonne une vallée aux multiples visages. Dans ce secteur, la vallée s’élargit sur 300 à 400 mètres. Les plateaux boisés dominent des coteaux en herbe ou cultivés, tandis que le fond de vallée, occupé de longue date, conserve un caractère paysager largement préservé. Les faibles courants ont favorisé le dépôt d’alluvions issues de la plaine de la Woëvre, formant des sols limoneux fertiles, propices à l’agriculture.

Vue sur le chemin de Terrière, au lieu-dit de la « Croix cassée ». Depuis le belvédère, un itinéraire forestier mène à ce site patrimonial, marqué par plusieurs restaurations de murs en pierres sèches accompagnées par le PNRL. Crédit : PNRL

Implantations humaines et patrimoine rural

Les villages se sont majoritairement implantés sur le versant gauche du Rupt-de-Mad, à l’exception de Villecey-sur-Mad. Plusieurs d’entre eux abritent un aître fortifié, élément remarquable du patrimoine médiéval, aujourd’hui protégé au titre des Monuments historiques. Un itinéraire de randonnée permet d’en découvrir la richesse le long de la vallée :

Vandelainville : repères historiques

Sur la crête de Vandelainville et sur le versant de la colline voisine, des fragments de tuiles et de briques attestent d’une occupation gallo-romaine. Avant la chute de l’Empire romain en 476, une bande de Germains menée par un certain Vandelain se serait établie à proximité des vignes de la bourgade aujourd’hui appelée Bayonville. La première mention écrite du village apparaît en 877 sous le nom de Wandilinvilla.

En 1801, Vandelainville comptait 265 habitants ; ils étaient 168 en 1886, et environ 144 aujourd’hui.

Un paysage agricole en profonde mutation

Au XIXᵉ siècle, la vigne occupait une large part du territoire de Vandelainville. Associée à celle d’Arnaville, elle produisait l’un des crus réputés de Meurthe-et-Moselle. La monographie rédigée en 1888 par l’instituteur E. Picquart, citée dans Nos Villages Lorrains, décrit une économie largement tournée vers la viticulture, les cultures vivrières et l’élevage.

« On pourrait dire que la seule culture dont s’occupent les habitants de cette commune est la vigne ; en effet le surface du vignoble est de 38hectares. C’est la seule ressource de la population et il est à remarquer que son terroir fournit un vin de premier choix qui est très estimé. En dehors de la vigne, la culture des champs peut être considérée comme secondaire : en effet, 30 hectares seulement pour les ménages, cela fait environ un demi-hectare chacun qui est presque toujours réservé à la culture de la pomme de terre. A cette plante succède quelque fois l’avoine. Puis les prairies artificielles (sainfoin, trèfle etc.…) qui n’occupent guère qu’un huitième de la surface des champs ensemencés – les jachères ne sont guère utilisées. L’engrais est le fumier d’animaux. Ces dernières années quelques propriétaires ont essayés, pour leurs vignes et pour leurs champs. Ils emploient de la poudrette surtout pour la betterave. »

Une photographie de 1912 issue du fonds IMAG’EST montre cependant un paysage déjà marqué par le déclin de la vigne, décimée par le phylloxéra. Au premier plan apparaissent de jeunes fruitiers récemment plantés. En arrière se distinguent le pont en pierre d’Onville, la ripisylve dense du Rupt-de-Mad et le village de Vandelainville, dominé par le clocher-tour roman (XIᵉ siècle), rescapé de l’incendie qui détruisit l’église Saint-Pierre au XVIIIᵉ siècle.

À cette époque, la forêt n’atteignait pas encore le haut du village. Les pentes bien exposées étaient divisées en petites parcelles cultivées, souvent complétées par des vergers de proximité. Aujourd’hui, la forêt a progressé jusqu’aux abords du village et la lecture du relief du vallon de la Taye est devenue moins lisible. Les vignes ont disparu et les vergers familiaux se sont raréfiés.

Vandelainville en 1917. Crédit : fond IMAG'EST

Une vallée reconnue pour sa biodiversité et ses ressources

Entre Jaulny et Arnaville, le Rupt-de-Mad abrite une mosaïque d’écosystèmes remarquables : vallons forestiers froids, forêt alluviales, source pétrifiante, pelouses calcaires riches en orchidées, grottes à chiroptère. Cet ensemble est reconnu à l’échelle européenne par le classement Natura 2000, soulignant l’importance de sa biodiversité. Pour davantage d’informations, vous pouvez cliquer sur le bouton ci-dessous : 

Panorama imprenable sur la vallée du Rupt-de-Mad depuis les hauteurs du Rudemont. Crédit : PnrL
Le précieux Rupt-de-Mad depuis le pont de Bayonville-sur-Mad. Crédit PnrL

L’eau du Rupt-de-Mad, contribue également à l’alimentation en eau potable de l’agglomération messine. À Arnaville, un barrage crée une retenue d’environ 25 hectares, jouant un rôle stratégique pour l’approvisionnement en eau.

La préservation de cette ressource, notamment grâce aux actions développées autour du SAGE RET (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eau Rupt-de-Mad, Esch, Trey) est donc essentielle — pour les milieux naturels, pour les habitants et pour l’avenir du territoire. 

Pour plus d’informations concernant les actions du PnrL sur le SAGE Rupt-de-Mad-Esch-Trey, vous pouvez cliquez ci-dessous : 

🛈 ZOOM – Agriculture et qualité de l’eau

Le Parc naturel régional de Lorraine accompagne les agriculteurs vers des pratiques plus durables, notamment à travers la filière « Viande Parc ». Maintenir des prairies vivantes, c’est préserver la qualité de l’eau, la biodiversité et les paysages de la vallée. Une présentation est disponible ici : 

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